mercredi 8 avril 2015

Michèle Torr et Jean-Jacques Lafon: idoles et nostalgie



Publié le 29 février 2012 à 05h00 | Mis à jour le 29 février 2012 à 05h00 Jean-Jacques Lafon et Michèle Torr interpréteront leurs plus grands succès au Colisée lors du Retour de nos idoles du 4 au 6 mars. Pour ceux qui auraient besoin de se rafraîchir la mémoire, le premier lancera le 13 mars une compilation de ses airs les plus connus. Assemblé exclusivement pour le public d'ici, l'album aura pour titre Pour vous au Québec. LE SOLEIL, YAN DOUBLET (Québec)

À eux deux, ils représentent presque 80 ans de carrière et des millions d'albums vendus. Si leurs noms ne sont pas familiers aux plus jeunes, Michèle Torr et Jean-Jacques Lafon ont offert, avec des succès comme Emmène-moi danser ce soir (1978) ou Le géant de papier (1985), des chansons qui résonnent toujours aux oreilles de leurs fans. Portés par cette vague, ils participeront au spectacle Le retour de nos idoles, du 4 au 6 mai au Colisée, où ils partageront les planches avec Ginette Reno, Renée Martel, Michel Delpech et Alain Morisod et Sweet People, notamment. Les deux Français étaient de passage à Québec hier et Le Soleil en a profité pour causer avec eux de nostalgie, de ce qu'il faut pour durer dans le métier, de la peur de devenir has-been... et de karaoké!


 Q La popularité d'un spectacle comme Le retour de nos idoles relève-t-elle seulement de la nostalgie? 

 Michèle Torr : Il y a certainement une part de nostalgie, je pense. Non seulement des chansons, mais de toute une époque qui était plus joyeuse, plus facile.
Jean-Jacques Lafon : Je dirais que c'est une émission de télé vivante, une rétrospective. Ça fait plaisir au public. C'est un spectacle de qualité, avec des chansons connues. Aujourd'hui, on ne passe plus à la radio. Maintenant, quand un chanteur fait un disque, c'est pour faire plaisir aux gens qui l'aiment.

M. T. : Quand ils sortent, ils sont heureux et ils nous le disent.
J.-J. L. : Et nous, on rajeunit, parce qu'on est stimulés par ces marques d'amour.

Q Vos carrières s'échelonnent sur plusieurs décennies. [Michèle Torr a lancé son premier album en 1961 et Jean-Jacques Lafon, en 1982]. Selon vous, quel est le secret pour durer dans le métier?

 M. T. : Il faut la foi, l'envie de partager, le besoin de monter sur scène.
 J.-J. L. : Il ne faut pas s'éparpiller et faire ce pourquoi on est prédestinés. Il faut rester dans la ligne de ce qu'on est. C'est l'authenticité et la sincérité qui font la différence.

 Q Certaines de vos chansons datant de plusieurs décennies vous collent à la peau. Ce sont celles-là que le public viendra entendre en mai. Qu'est-ce que ça fait d'être condamné à toujours revenir à ces grands succès?

 M. T. : Ça fait plaisir! On s'y fait bien! On a la chance d'avoir la scène et d'avoir ce patrimoine de chansons qui nous permet de travailler énormément. Parce que notre métier, c'est ça, c'est la scène. Moi, j'ai fait des disques par plaisir, évidemment, mais je suis plus une artiste de scène que de studio. Je fais ce métier pour partager avec les gens, c'est ça que j'aime.
 J.-J. L. : Un jour, on m'a dit que Le géant de papier était un boulet pour moi. Mais si je ne l'avais pas, ce serait encore pire! Et ce n'est pas vraiment un boulet parce que chaque fois que je la chante, ce n'est jamais pareil. L'émotion est chaque fois différente et je ne m'en lasse pas.

 Q Avez-vous déjà eu peur qu'on vous accole l'étiquette de has-been?

 M. T. : Ni Jean-Jacques ni moi n'avons été des chanteurs à la mode. Dans Emmène-moi danser ce soir, j'en appelle à la tendresse. Maurice Chevalier disait de moi que j'avais une voix de toutes les époques... Un peu fière, je me suis empressée de le répéter! 
J.-J. L. : Avec tout ce qui est chansons à voix et textes à mélodies, on ne se sert pas d'un phénomène de mode, ce qui fait qu'on n'est jamais démodé.
 Q M. Lafon, vous avez mentionné que vos chansons avaient bénéficié d'un effet karaoké. Ça se répercute dans vos spectacles?
 J.-J. L. : Le géant de papier, c'est l'une des chansons [en France] qui est la plus jouée au karaoké. Ça explique pourquoi les gens la connaissent par cœur. On le voit dans les spectacles, tout le monde chante. C'est fabuleux!


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