mardi 7 avril 2015

Jean-Jacques Lafon : Le géant de papier…

Jean-Jacques Lafon est l’interprète de la très populaire chanson “Le Géant de papier” publiée en 1985. Près de 30 ans après, ce titre reste le meilleur visa du chanteur français. Mais à côté du tube, il a plusieurs autres succès dans son répertoire comme “Les années Caroline”, “C’est beaucoup mieux comme ça”… Invité spécial de Fady pour sa série de concerts à Abidjan, Jean-Jacques Lafon a accepté de faire une causerie avec Top Visages. Il nous fait des confidences sur sa vie hors scène.


 Comment vous sentez-vous après ces six concerts avec Fady ? -
 A merveille! je me sens bien.
 Qu’est-ce qui explique votre présence aux concerts de Fady ? 
D’abord, j’aime la Côte d’Ivoire et ensuite Fady est un ami depuis 25 ans. Il m’a demandé de venir faire des apparitions dans ses spectacles. Ce que j’ai trouvé formidable. Et pour un ami, on crée toutes les conditions et on vient.
Et comment avez-vous trouvé Abidjan ?  
Eh bèh, je connais Abidjan depuis 1994. Et depuis, je viens chaque année. J’adore la Côte d’Ivoire. C’est vraiment un pays que j’aime beaucoup.
Avez-vous déjà joué dans un spectacle sans interpréter Le géant de papier ? 
 Non, je ne peux pas. C’est une chanson qui m’a marqué et que les gens aiment écouter. A chaque show, ce n’est jamais pareil et je ne me lasse pas de la chanter. Et il se passe chaque fois quelque chose de différent. Je ne peux pas participer à un spectacle sans la chanter. Ça, c’est sûr !
 C’est quoi l’histoire de cette chanson ?
Je n’en sais rien. Je plaisante ! C’est-à-dire que quand on est devant une femme, on perd toute notion de géant. On n’est rien du tout, parce que la femme est plus forte que l’homme. Et c’est vrai ! Elle est plus forte hein ! Et elle nous manipule. Elle nous mène par le bout du nez. Et j’aime ça. 
Cette histoire dont vous parlez, est-ce la vôtre ? 
 Non, non, ce n’est pas mon histoire, parce que je n’ai pas écrit la chanson. Mais quand je l’ai lue pour la première fois et quand j’ai écouté la musique qui l’accompagnait, il y a eu une telle communion entre la musique et la chanson que j’ai dit: celle-là, je vais la chanter. Le géant de papier n’est pas ma création. Je ne suis qu’un interprète. C’est un texte de Jeff Barnel et le compositeur est Sylvain Lebel. Jeff Barnel a beaucoup travaillé avec Dalida, Claude François…
On a l’impression que le spectre de ce tube vous accompagne depuis et vous empêche de faire mieux... 
 Non, mais c’est vrai ! Sans cette chanson, les gens me connaîtront moins, peut-être. C’est sûr ! C’est donc une bénédiction d’avoir cette chanson dans mon répertoire. De toutes les façons, toute la vie n’est qu’une bénédiction. • Et c’est beaucoup mieux comme ça ? - (Rires). Tout à fait, c’est beaucoup mieux comme ça ! Il faut rester positif. Moi personnellement, je préfère la chanson “C’est beaucoup mieux comme ça” au “Géant de papier”. Mais bon, c’est le choix du public et des radios et moi, je suis heureux de la chanter. • En général, les grands artistes qui ont les mots justes pour exprimer l’amour ont du mal à réussir leur vie sentimentale.
Et vous, quelle est votre vie hors scène ?
A mon avis, il ne faut pas mélanger la vie personnelle, la vie privée et la vie publique. Moi, j’appartiens à mon public, donc, je ne vois pas pourquoi je vais m’afficher avec des femmes. Ça rendrait des filles malheureuses. • En fait, on remarque que ceux qui écrivent ou chantent les plus belles chansons d’amour ne réussissent pas souvent leur vie de couple…
Ah, bon ? ça, je ne le savais pas. Sauf si la chanson est autobiographique. • Ce n’est pas votre cas ? Non, ce n’est pas mon cas. Je ne vis pas seul. Sauf qu’avec tous mes nombreux voyages, ce n’est pas facile pour une femme de me supporter.
Etes-vous marié ?  
Non, j’ai échappé quatre fois à la chose. • Pourquoi échapper ? - C’est après que je me suis aperçu que c’étaient des filles qui n’étaient pas formidables. Mais bon, je ne le regrette pas. On peut se marier même à 80 ans aujourd’hui. 
 Avez-vous des enfants ?  
Je n’ai pas d’enfant et ça, c’est mon regret. Je n’en ai jamais eu le temps et je n’ai pas de stabilité. J’ai fait le tour du monde mais bon, voilà ! Je crois que ça n’aurait pas été super pour l’enfant.
 La musique vous a bouffé votre vie de ce côté-là…
Quelque part oui, mais c’est un choix aussi.
Comment définissez-vous l’amour ?  
L’amour, c’est la chose la plus importante de la vie. C’est plus fort que tout. Il n’y a rien de plus fort que l’amour. Dans la vie sentimentale, professionnelle, si on met de l’amour, ça marche.
Avec le Pacs (Pacte Civil de Solidarité), le mariage pour tous, comment allez-vous écrire les chansons d’amour ? 
Moi, je ne suis pas un chanteur engagé. Pour le Pacs, moi, je préfère les mariages des couples de sexes différents. C’est le côté sacré de la chose. Le Pacs est bien pour ceux qui s’aiment. C’est un papier, on s’en fout.
Dans 20 ans, pourrait-on écrire encore des chansons d’amour d’un homme à une femme ou l’inverse ?  
Moi, ça ne me dérangerait pas que les gens fassent leur déclaration. L’important, c’est qu’il y ait l’amour. S’ils s’aiment, c’est parfait.
Sur la scène, vous avez dit : «seule la chanson m’est restée fidèle.»  
Ça, c’était pour rigoler. Je voulais juste dire qu’il y a une chanson d’une histoire d’amour qui me suit, et ça fera 30 ans l’année prochaine.
Oui, elle t’est restée fidèle pendant tout ce temps. Ce qu’une femme n’a jamais pu faire avec toi…
C’est ça ! Mais sur la scène, je l’ai dit pour m’amuser.
Mais, c’est en partie vrai, puisque vous avez dit qu’avec vos nombreux voyages, vous n’avez pas pu rester avec une seule femme, ni fonder un foyer. 
Ah oui, c’est vrai. Mais je suis autant coupable que les femmes. Dans un couple, on est deux hein ! Mais j’ai beaucoup plus de responsabilités là-dedans.
On suppose que pendant toutes ces années que vous défilez en Côte d’Ivoire et le succès qui vous suit, vous avez noué des contacts avec des filles…
 Oui, oui ! Moi, j’adore les jolies filles et ici, on est gâté ! Non, on a de la chance hein ! • Vous en profitez au maximum alors ? - Ah, vous voulez tout savoir ! Moi, j’aime les belles femmes hein ! 
On dit que vous aimez particulièrement Assinie… 
Oui, mais c’est San Pedro que je préfère. Je suis amoureux de San Pedro. 
Qu’est-ce qui vous attire à San Pedro ? 
Vous voulez tout savoir ?! Bon, il y a les filles bien sûr ! (rires). Ça fait plaisir d’être là-bas. C’est relaxant, c’est la campagne…
C’est plus beau que Monaco ?  
Monaco ? C’est beaucoup plus triste d’habiter à Monaco, qu’à San Pedro à mon sens. Il y a bien entendu la mer, la plage, mais moi, je suis beaucoup plus proche de la nature. Et je me sens mieux à San Pedro. Monaco, c’est superficiel et il faut avoir beaucoup d’argent. Ça ne rend pas les gens heureux. Ça les rend malheureux.
 Et la fameuse Côte d’Azur dont on parle tant ?  
Oui, c’est joli, la plage et tout ça. Mais, c’est quand même assez superficiel. Il n’y a pas cette vérité, cette nature que je ressens à San Pedro.
On commence à comprendre qu’il y a un côté anti-star chez vous…  
Oui, c’est cela. Et ça se cultive. Vous savez, le public qui vous saute dessus, c’est du coup les choses qui sont montées en général à l’avance. Aujourd’hui, ce n’est plus comme à l’époque où un chanteur, il chante et le reste, ça vient seul. 
Qu’est-ce qui explique que vous ayez refusé le micro sans fil durant toute la série de concerts ? 
 Ça, c’est voulu. Moi, dès que j’ai un micro sans fil, il y a un problème. Ça ne marche pas. Je ne sais pas pourquoi. Mais je dois avoir un magnétisme ou quelque chose de ce genre qui gêne de jouer sans fil. En tout cas, je n’ai pas confiance et ça me perturbe énormément. 
Vous n’êtes quand même pas contre l’évolution ?
Si, si, je suis contre l’évolution à ce niveau-là. (rires).
Quand il n’y a pas ce lien de fil, vous n’êtes pas rassuré… 
Non seulement il n’y a pas le lien, mais au niveau de la qualité du show, c’est mieux que le micro sans fil. Je ne suis pas habitué à ça, alors je reste à l’ancienne. 
Vous allez sur Internet ?
Ah oui, dès qu’on cherche quelque chose, c’est facile ! Dès qu’on tape, on a toutes les réponses. vous tapez Jean-Jacques Lafon, il aime les filles, San Pedro… Il y a tout dedans. (rires). 
C’est pour quand votre retour sur scène ? 
Le plutôt possible. Peut-être en novembre. Il y a peut-être une surprise qui se prépare mais le plus important, c’est mon album qui sort le 2 février prochain. Il sortira chez Warner. Il va s’appeler Duos d’amour et Confidences. Confidences, c’est quand je chante seul et Duos, c’est duos avec des amis que je peux dévoiler également : Claude Barzotti, Mathieu, Ginette Reno, la grande star québéquoise…
30 ans de scène, c’est quoi ? 
C’est rien. J’espère faire 30 ans de plus. En fait, je ne regrette rien. Même si ce n’est pas un métier facile, je suis vachement heureux. 

Par Omar Abdel Kader kadertani@topvisages.net Last modified on Monday, 03 November 2014 11:25

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